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OUVREUR1, -EUSE, subst.

OUVREUR1, -EUSE, subst.
A. − Personne chargée d'ouvrir certaines portes. Ce magnifique ouvreur de portières tendait habilement la main pour aider au marchepied les grands personnages (Hamp,Champagne, 1909, p.201).
En partic., vx. Ouvreur de loge. Personne chargée d'ouvrir et de garder une loge de théâtre. M. le Comte de Choiseul, un valet de pied, un ouvreur de loges, avoient couru pour chercher un médecin (Chateaubr.,Mél. hist., 1827, p.194).
B. − Personne chargée d'ouvrir les coquillages, les huîtres en particulier. Synon. écailler.Je demandai à l'ouvreur d'huîtres: «Combien est-ce que nous vous devons, Monsieur?» (Maupass.,Contes et nouv., t.1, Oncle Jules, 1883, p.420):
. ... je lui tins compagnie jusqu'à la troisième douzaine, après quoi je le laissai aller seul. Il alla ainsi jusqu'à la trente-deuxième, c'est-à-dire pendant plus d'une heure, car l'ouvreuse n'était pas bien habile. Brillat-Sav.,Physiol. goût, 1825, p.91.
C. − SPORTS (rugby). Joueur chargé de faire le trou et d'alimenter en ballons les trois-quarts. Un demi d'ouverture, pour être vraiment un bon ouvreur, doit faire le trou et alimenter ses trois-quarts, leur passer la balle fréquemment et dans de bonnes conditions (Comment parlent les sportifsds Vie Lang., 1954, p.232).Les deux premiers essais australiens viendront de Grothe, l'ouvreur, rentré sur le terrain à la vingtième minute (Libération, 6 déc. 1982, p.23).
D. − JEUX DE CARTES (bridge). Celui qui fait l'ouverture. Les enchères continueront si l'ouvreur n'est pas encore fixé sur le meilleur contrat de manche ou s'il espère un chelem (G. Versini,Le Bridge, Paris, P.U.F., 1968, p.31).
E. − SOCIOLING. Mot ou expression qui accompagne de manière régulière ou conventionnelle la prise de contact et l'amorce conversationnelle. «Pardon», l'ouvreur principal, a dans cet exemple une fonction essentiellement pragmatique puisqu'il va permettre de réaliser l'échange (J.-M. Caréds Fr. auj., sept. 1985, no71, p.15).
F. − Subst. fém., ARTS DU SPECTACLE. Employée chargée de conduire les spectateurs à leur place, après avoir contrôlé leur billet. Au théâtre de la Danse une ouvreuse raide nous offre à chacun une rose (Renard,Journal, 1900, p.592).L'ouvreuse nous introduisit dans une loge toute rouge qui s'ouvrait sur une vaste salle bourdonnante (A. France,Vie fleur, 1922, p.384).Les plus fanatiques d'entre eux −ceux qui n'hésitent pas (...) à s'engager comme garçon de piste ou comme ouvreuse pendant leurs vacances afin de vivre la vie du cirque −ont leurs associations (Hist. spect., 1965, p.1541).
G. − P.métaph. Ouvreur de + subst.Persuadée (...) que le coeur d'une jeune fille est un gouffre de turpitudes et de crimes, elle [Mlledu Tesson] les incitait à la confiance (...) se faisait l'ouvreuse de leurs âmes (Bloy,Hist. désobl., 1894, p.75).
Prononc.: [uvʀoe:ʀ], fém. [-ø:z]. Étymol. et Hist. V. ouvreur2.

OUVREUR2, -EUSE, subst.

OUVREUR2, -EUSE, subst.
A. − PAPET., subst. masc. Ouvrier papetier chargé de puiser dans la cuve la quantité de pâte nécessaire pour fabriquer une feuille et de l'étaler uniformément sur la forme. La pâte, préparée minutieusement comme nous l'avons vu, est versée dans la cuve et maintenue à température constante par le pistolet. L'ouvreur ou puiseur plonge la forme −espèce de tamis en cuivre ayant la grandeur de la future feuille −dans la cuve remplie de pâte, puis il la relève en lui imprimant un mouvement de balancement, pour entrecroiser (feutrer) les fibres entre elles (M. Veber,Le Papier, Paris, Fédération nat. des Maîtres Artisans du Livre, 1969, p.63).
B. − ARTS DU VERRE, subst. masc. Ouvrier verrier. Une équipe comprenait une douzaine de personnes, à savoir un ouvreur ou chef d'équipe, deux souffleurs, un pareur ou careur, deux cueilleurs et de trois à six gamins (Cl. Duval, Verre, 1966, p.60).
C. −
1. Subst. Ouvrier, ouvrière qui façonne les matières textiles, qui les apprête pour le tissage. (Dict. xixeet xxes.).
2. Subst. fém. Machine servant à ouvrer la laine, le coton ou la soie en en désagrégeant les fibres agglomérées (Dict. xixeet xxes.).
Prononc.: [uvʀoe:ʀ], fém. [-ø:z]. Étymol. et Hist. I. Ca 1210 ovrëor «ouvrier» (Guiot de Provins, Bible, 2042 ds T.-L.); ca 1360 ovreur (Oresme, Quadrip., Richel. 1348, fo187 vods Gdf., s.v. ouvreor 1); en partic. 1. 1730 arts du verre (Savary); 2. 1765 papet. (Encyclop. t.11); 3. a) 1572 masc. «ouvrier qui ouvre, écarte la soie» (Journ. offic., 1erjuill., p.4479, 2ecol. ds Littré Suppl. 1877); b) 1877 fém. «machine pour éplucher le coton» (Enquète, Traité de comm. avec l'Angleterre, t.IV, p.67 ds Littré Suppl.). II. 1611 «celui qui ouvre» (Cotgr.); 1680 ouvreur de loges (Rich.); 1694 ouvreuse de loges (Regnard et Dufresny, Baguette de Vulcain, sc. 1 ds DG). I dér. de ouvrer*; suff. -eur2; pour les sens 1, 2 et 3 on peut hésiter entre l'étymon ŏpĕrari (ouvrer*) et aperire (ouvrir*), le FEW les classant sous les 2 étymons (v. FEW t.7, p.366a et t.25, p.3a). II dér. de ouvrir*; suff. -eur2*.
STAT.Ouvreur1 et 2. Fréq. abs. littér.: 101.

Quelques définitions tirées au hasard dans le dictionnaire : 

·le trésor de la langue française, un dictionnaire français·