B. − Littéraire 1. P. anal. Lieu considéré comme un refuge. Sur la route d'Étain à Verdun, [des chars] cherchant un havre de salut dans la vieille forteresse [le fort de Vaux] qui (...) a dû protéger les populations meusiennes contre la ruée des hordes germaines (Bordeaux, Fort de Vaux,1916, p. 12).Cette maison où nous sommes est admirablement protégée contre la vie. C'est le havre de grâce où il est permis de se recueillir et de souffrir en paix (Green, Journal,1940, p. 43) :Il nous fallut pourtant deux heures pour atteindre enfin, dans un cirque presque entièrement clos, où la route formait la seule saignée dans la montagne, un havre qui commençait de nous devenir familier : quelques baraques en planches, dûment entourées de barbelés. C'était le kommando de Beckersbruch.
Ambrière, Gdes vac.,1946, p. 56.
2. Au fig. Ce qui constitue un refuge, un réconfort. Havre de paix. Dans un de mes précédents journaux, je notais combien dans la zone des sentiments, passé quarante ans, la netteté représente un havre presque interdit (Du Bos, Journal,1926, p. 102).Elle s'était vue charger de l'enseignement de la musique et des belles-lettres, comme on disait, tâche dont elle s'acquittait bien. C'était le havre, pour elle, le salut (Daniel-Rops, Mort,1934, p. 64).J'ai voulu que l'expérience conduise où elle menait, non la mener à quelque fin donnée d'avance. Et je dis aussitôt qu'elle ne mène à aucun havre (mais en un lieu d'égarement, de non-sens) (G. Bataille, Exp. int.,1943, p. 17).